Let the right one in

Publié le par kitano



Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...
-Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé[...]
si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...






Un film dont l'approche m'a beaucoup fait pensé à un autre film Suédois sortit chez nous seulement l'année dernière, A swedish love story (le premier film de Roy Andersson), dans la façon qu'il a de capter les regard de ses jeunes acteurs au plus près des visages, dans une version plus sombre par contre (l'autre film étant lui très lumineux).



Let the right one in - A swedish love story



Jouant sur les contrastes, le réalisateur Tomas Alfredson exploite à merveille le cadre naturel qui renforce le sentiment d'isolement du jeune Oskar, l'environnement calme et froid reflétant son apathie face aux agressions de ses camarades de glace, il se fige incapable de toutes réactions, attendant que ça passe, ou qu'il se passe enfin quelque chose...
Et un jour quelque chose arrive, de nulle part elle surgit aussi solitaire et mystérieuse que lui, la rencontre entre le jour et la nuit, entre Oskar et Eli.
J'aime beaucoup l'idée du cloisonnement entre les deux qui ne vivent pas dans le même monde et dont l'un doit inviter l'autre à le laisser entrer (on retrouve ça de façon répété comme lors de la scène où Eli lui révèle sa véritable nature à travers la porte vitrée), ces deux jeunes acteurs sont vraiment excellents et leurs complicité crève l'écran (ahhh le plan sur ses yeux quand elle le sort de l'eau...), ils parviennent très bien à rendre compte de l'ambiguïté de leur relation faite d'attraction/répulsion.

Pour ce qui est de l'aspect fantastique, le thème du vampire est traité ici de façon très animale, comme le reflet de nos pulsions enfouies (d'ailleurs un producteur Français ayant aimé le film envisagerait pour son remake qu'elle ne soit en réalité qu'un fantasme produit de la violence refoulée d'Oskar seul meurtrier de l'histoire).
J'étais curieux de savoir ce que ce film avait de si spécial pour qu'on en ai dit tant de bien dans tous les festivals où il est passé mais je ne peux qu'approuver ces éloges, à la fois beau, touchant, et envoûtant Let the right one in va continuer à me hanter longtemps.






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