Eden Lake

Publié le par kitano




Jenny est maîtresse d'école. Son petit ami et elle quittent Londres pour passer un week-end romantique au bord d'un lac.
La tranquillité du lieu est perturbée par une bande d'adolescents bruyants et agressifs qui s'installent avec leur Rottweiler juste à côté d'eux.
A bout de nerfs, ces derniers leur demandent de baisser le son de leur radio. Grosse erreur !



Eden lake est vrai film de genre comme je les aime, ici le fond ne supplante jamais la forme et ne sert que de contexte à un vrai survival prenant et aboutit. James Watkins utilise à merveille le décor naturel tout d'abord idyllique quand il permet à ce jeune couple de passer un moment romantique à l'écart de la société puis anxiogène, violent et hostile quand nos tourtereaux apprendront à leurs dépends ce qui se cache à l'écart de cette société.
Les branches deviennent alors griffeuses et coupantes, l'eau est soudainement très froide, la forêt se transforme en dédale mortel dont on ne peut s'échapper, les grilles qui devaient servir de protection ressemblant désormais à des barreaux de prison. Mais si la nature redevient sauvage la nature humaine l'est tout autant et notre jolie maîtresse d'école habituée à s'occuper de gentils petits bambins aux visages d'anges va devoir se confronter à une toute autre jeunesse, une avec laquelle on ne peut discuter, celle là même qui profitera de la naïveté d'un couple de la middle class bien pensante et sûr de ses valeurs pour les dépouiller et les déssouder s'ils osent la ramener. Ce rapport de force n'est pas sans rappeler un certain Straw dogs et son couple de citadins venu s'installer à la campagne, combien de temps peut on rester courtois et civilisé quand on se retrouve face à des gens qui nous renvoient à nos plus bas instincts, l'instinct de survie. Oui sauf qu'ici les rôles se retrouvent inversés puisque c'est la femme qui va rapidement devoir prendre les choses en main pour sauver leurs peaux, on retrouve donc le schémas déjà présent dans ce the descent auquel il emprunte beaucoup, la forêt faisant office de grotte dans laquelle après être descendue au plus profond de l'horreur  l'héroïne va connaître une forme de renaissance. 

Attention ne lire ce qui suit qu'après avoir vu le film sous peine de se gâcher la fin.


Et puis alors qu'on croit se diriger vers une fin classique c'est là que ça devient intéressant... Alors que l'on pouvait penser que le danger était confiné dans cet espace délimité isolé de tous et que donc une fois sortie d'ici elle serait tirée d'affaire on a l'impression qu'en réalité le mal est beaucoup plus diffus. Le schémas classique d'habitude étant :
Société  ---> Milieu clos à l'écart des autres --->  Retour à l'état sauvage, lutte pour sa survie  --->  Retour dans la société, retour aux valeurs normatives, ouf on est sauvés.
Or ici le retour à la société ne signifie en aucun cas le salut car c'est de là que le mal a été engendré, ainsi c'est en croyant échapper à l'horreur que la gentille maîtresse va se diriger tout droit à sa source. Le plan final est d'ailleurs assez frustrant car il abandonne Jenny à son triste sort, elle n'est plus qu'une voix dans les oreilles du jeune Brett, on se retrouve donc seul avec ce gamin détestable que l'on est forcé de regarder à travers un miroir, comme s'il nous renvoyait à nous même, j'avoue que ça m'as mis assez mal à l'aise.



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