Burn after reading

Publié le par kitano


"I know very well what you represent.You represent the idiocy of today".





Pour beaucoup  Burn after reading serait une oeuvre mineure surtout après No country for old men, peut être parce que la plupart des personnages ont l'air de pitres et que le ton est plus léger, pourtant en arrière plan du film il y a ce même regard désabusé sur l'Amérique d'aujourd'hui et pour ma part je considère des Arizona jr ou des Big lebowski comme aussi importants que Barton Fink ou Fargo. Burn after reading c'est effectivement du pur Coen's brother et comme souvent on doit l'apprécier encore davantage en le revoyant. Je trouve que la b.a qui insistait sur l'aspect comique n'est pas vraiment représentative du film car si on peut le rapprocher d'un O'brother ou d'intolérable cruauté en raison de la présence de Clooney, pour moi on est aussi proche ici d'un Fargo ou d'un blood simple, en plus léger certes, qui ont en commun en plus de Frances Mc Dormand cette façon délectable de lier le tragique au comique propre aux deux frères. C'est encore l'histoire de gens qui n'aspirent qu'à un petit de bonheur et qui ne font qu'engendrer des catastrophes, chacun étant plus pathétique que l'autre et en même temps dont le malheur peut se révéler touchant. On pense bien sûr au big Lebowski pour les WTF (Clooney en bricoleur obsédé sexuel) et le festival de loosers, sauf qu'ici la quête du héros n'est pas de se faire dédommager son tapis souillé mais d'obtenir l'argent nécessaire à ses opérations de chirurgie esthétiques. Bref il est encore est toujours question du sacro-saint argent, l'argent comme objet salvateur permettant de sortir de sa condition de minable soumis aux problèmes du quotidien, il ne sera au final et comme toujours que la source des pires ennuis. Comme dans chacun de leurs films on trouve une certaine vision des E.U, ici on est on plein dans la surveillance et la paranoïa de l'Amérique contemporaine ainsi que l'obsession de l'apparence (comme déjà dans I.Cruelty). C'est aussi le changement d'une époque, Malkovitch n'a plus sa place, on va le remplacer dans son travail comme sa femme va vouloir le remplacer dans son couple, c'est désormais un looser, il n'a plus la forme nécessaire (on le voit d'ailleurs tenter de se remotiver en faisant des exercices en se répétant qu'il est le meilleur) c'est le cas aussi de la plupart des autres personnages qui courent derrière leurs apparences physique (salle de gym, chirurgie esthétique,jogging). L'amour où ce qu'il en reste en prend aussi pour son grade, c'est amusant de voir comment il est inexorablement barré par le narcissisme et l'égocentrisme de ces personnages, tout le monde trompe tout le monde ou ne le voit pas quand il est devant ses yeux. On pourrait résumer ce film comme toute la filmographie des frangins par "on est tous le looser de quelqu'un d'autre"... Et puis à tout ça vient se rajouter la sublime composition de Carter Burwell qui donne à tout ce petit manège un côté grave et profond en particulier sur la solitude de Cox (ça me rapelle sa b.o de In Bruges également magnifique) et des acteurs qui s'en donne à coeur joie dans des rôles à contre emploi, Brad Pitt est génial en gentil benêt (le bon samaritain... ) Donc voila pour ceux qui apprécient cet humour décalé c'est un spectacle absolument jubilatoire.





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