KANTOKU BANZAI (glory to the filmmaker)

Publié le par kitano

 




Bon avant que ne vienne se répandre la bile ou l'incompréhension du public face à cet ovni * je veux proposer un préalable permettant d'expliquer et de comprendre cette expérience cinéphilique que peut être la vision de Kantoku banzaï.

Je dois dire que j'avais bien aimé Takeshi's qui était déjà un film auto-centré sur Beat takeshi et qui pouvait être déroutant pour qui ne voue pas une admiration sans faille pour cet homme d'exception, mais là pour le coup je dois dire que certains passages de son dernier film Kantoku Banzaï m'ont laissé sans voix. Dans la première partie du film on le voit revisiter ce qui a fait son identité cinématographique et les genres auxquels il s'est frotté ou pas (comme le film d'horreur) que ce soit en tant que réalisateur ou en tant qu'acteur (son rôle de père tyrannique dans Blood and bones). On a ainsi droit a une espèce d'introspection créative sur le ton de la parodie qui s'il en ennuiera certains ravira les fans et les connaisseurs, par contre là où ça se gâte c'est quand il redevient beat takeshi le comique et propose une suite de séquence à l'humour absurde plutôt réservé à son public Japonais qui va laisser la plupart des spectateurs sur le carreau (je vous préviens c'est du bien lourd).





Une question demeure... Pourquoi ?
N'étant pas spécialement un passionné de cinéma, Kitano a su créer son propre univers et ses codes cinématographiques. Il fait partie de ces artistes qui ont choisi de s'exprimer à travers le cinéma ce qui les différencie de simple faiseurs de films.
Oui mais voila du coup quand tu n'as plus d'idées ben on tombe un peu dans le projet autistique (glory to the filmmaker).

Comme Inland empire pour lynch, Kantoku Banzai et un peu pour kitano le film de la page blanche. Autant ça peut donner des chef d'oeuvres (Barton fink) autant on peut vite tomber dans un trip mégalo-autistique difficilement regardable. Kitano se cherche, il regarde en arrière, déconstruit sa filmographie, cherchant toujours à surprendre ses fans il apparaît à cours d'inspiration dans ce délire parfois non sensique lorgnant du côté de getting any sans pour autant être aussi drôle.

"Il faut tout détruire pour pouvoir faire quelque chose de neuf. Pour construire une maison, il faut démolir celle qui occupe le terrain. en ce moment, c'est difficile. mes films étaient comme une maison confortable dont on connaissait les entrées, les sorties. Et puis je ne sais pas pourquoi j'ai éprouvé le besoin de la détruire et je me retrouve dans un moment délicat où je me dis que j'ai tout cassé mais en demandant au même instant ce que je vais faire à la place !"

Achille to came devrait venir clôturer cette trilogie de l'absurde en espérant une seconde naissance pour cet artiste de génie.

*objet vide nippon irregardable

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Baccawine 24/08/2008 18:05

Merci pour cette chronique qui m'a mis en haleine. Honte à moi de ne pas avoir encore vu ce Kantoku Banzai! mais j'espère réparer cela rapidement. D'une manière générale, je suis très fan de l'oeuvre de Kitano (Sonatine, inévitablement, Jugatsu, mais aussi Violent Cop et surtout Kid returns, quant à Takeshi's, j'avais vraiment adoré la mise en abîme du personnage et le brassage de ses thèmes de prédilections). En outre, les références à Lynch et aux Coen me parlent bien.
Amicalement.